Une chanson douce…Et Bam !

Voici les raisons pour lesquelles je n’offrirai pas le Goncourt pour Noël à Belle-Maman.

Soyons d’accord, le Goncourt, Leïla Slimani, elle le mérite amplement! Déjà remarquée pour son premier roman « Dans le jardin de l’ogre », cette jeune auteure de 35 ans continue son parcours sans faute avec « Une Chanson douce ».

La première phrase, « Le bébé est mort. », pose l’ambiance. Clinique, chirurgicale, l’écriture décortique brutalement le meurtre de deux enfants par leur nounou. Et ça, Belle-Maman, elle ne va pas aimer.

Car il faut encaisser les 227 pages, de plein fouet. Rien n’est innocent, rien n’est simple.

De ce jeune couple en pleine ascension professionnelle, manquant de temps pour s’occuper de ses enfants, mais souhaitant le meilleur pour eux, qui peut juger?

De cette Mary Poppins déchirée par la perfection qui rôde aux frontières de la démence, qui peut comprendre?

Une éloge de la folie ordinaire, où chaque élément, chaque comportement glisse subrepticement vers la noirceur. Je retiens cette scène terrifiante où Leïla Slimani décrit Louise, emmenant les petits dans ce qu’elle promettait être « une soirée au restaurant, tous les trois, tranquille », et qui se transforme en cauchemar froid et glauque, vécu au travers d’une toute petite fille.

Voilà pourquoi cette année, je n’offrirai pas le Goncourt à Belle-Maman. Parce que longtemps après, les images restent, le malaise aussi. Et pour ça, il faut que l’écriture soit réellement efficace, l’histoire redoutable! Ah elle tend un piège parfait, la talentueuse Leïla Slimani, une histoire impossible à lâcher, impossible à comprendre, dont on voudrait qu’elle n’aie jamais existé. Et qui pourtant nous éclaire sur les deux axes qui gouvernent notre vie : le temps et l’amour.

Alors non, je ne l’offrirai pas à Belle-Maman, parce que je sais qu’elle s’inquiètera encore plus de l’état du monde, mais je vous le conseille à vous, plongez dessus, lisez cet uppercut, encaissez-le, digérez-le, et vous verrez, la littérature semble différente après !

Une chanson douce, de Leïla Slimani, aux éditions Gallimard

 

 

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